Accoucher implique aujourd’hui un choix aussi décisif que celui d’abandonner sa carrière, pour de nombreuses femmes. Quand les grands de ce monde appellent leurs salariées à congeler leurs ovocytes, pour retarder un droit de donner la vie, Marianne Durano réagit. Auteur de Mon corps ne vous appartient pas, elle réaffirme cette liberté des femmes, moyen inestimable de freiner le jeu d’une société capitaliste aux exigences productivistes, dans laquelle l’accueil de la vie est souvent un fardeau.

« Statistiquement, plus une femme est diplômée, plus tard elle accouchera de son premier enfant. Si les diplômées du supérieur ont en moyenne 29,6 ans lors de leur première grossesse, les femmes peu ou pas diplômées connaissent quatre ans plus tôt les joies – et les épreuves – de la maternité[1]. L’explication la plus courante voudrait que les jeunes filles issues de milieux défavorisés deviennent mères plus tôt que leurs consœurs plus privilégiées par manque d’éducation, ou pour trouver dans la maternité un « refuge » ou un statut social. La précarité expliquerait alors la maternité, et non l’inverse. Autrement dit, il conviendrait d’avoir des enfants tard, la maternité précoce n’étant que le symptôme d’une discrimination sociale : une anomalie à éliminer.

Mais le scandale inavouable, c’est que cette norme sociale est absolument contradictoire avec la réalité biologique, dont les femmes sont plus ou moins conscientes. (…) »

Tribune à retrouver en intégralité sur le site du magazine Marianne.

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/8-mars-femmes-capitalisme-soumission-revolution

 

 

[1]Source : Insee

 

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