Hyper-centres contre hypercentres : quand les gros mangent les petits

 On connaît bien la conséquence néfaste de l’ouverture de centres commerciaux à proximité des villes de petite et moyenne taille. On parle même désormais de désertification commerciale. Un article est d’ailleurs consacré à ce sujet dans la revue de ce trimestre. L’offre de consommation augmentant plus vite que la consommation elle-même, il faut bien que certaines boutiques ferment. À ce jeu, les petites boutiques des centres-villes sont les premières victimes. Ces dernières années la vacance commerciale de ces derniers a fait d’inquiétants progrès car malheureusement, comme le dit le psalmiste, Abyssus abyssus invocat. Et comme un malheur ne vient jamais seul, ce sont les populations qui s’en vont peu à peu.

Plus que le commerce en ligne, c’est bien la grande distribution qui en est la cause. En effet, quand les centres commerciaux ne se trouvent pas dans le centre-ville, ils se situent généralement à une quinzaine de minute seulement. Ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas d’une lutte entre les citadins des petites et moyennes villes et les ruraux. Dans cette évolution de la consommation, tous ceux qui vivent en périphérie des métropoles sont perdants. Les petits commerces du bourg ne sont pas seuls à mourir.

Sur-densité : quand les gros s’entretuent

 C’est aussi le cas du centre commercial Les 4B. Implanté au cœur de la ville de Calais, celui-ci s’est peu à peu vidé de ses enseignes face à la concurrence de La Cité Europe, centre commercial de 73 000 m2, situé à seulement quinze minutes.

Plus largement, la progression du marché, sans considération pour les besoins réels, conduit à mettre en concurrence les centres commerciaux entre eux. Et quand l’offre ne se préoccupe plus de la demande, la crise du marché couve. Déjà, les objectifs de visites fixés au moment de la construction s’avèrent de plus en plus difficiles à atteindre. Aux États-Unis, des centaines de malls ont déjà fermés. On y parle d’ailleurs de shopping mall bubble ou de retail apocalypse et son éclatement pourrait conduire à la fermeture d’un tiers des centres commerciaux américains. Et l’on sait que ce qui se passe aux États-Unis en matière économique finit généralement par arriver ensuite en France. En tirera-t-on la leçon à temps ?

Que fait l’État ? La loi Royer de 1973 avait vocation à freiner la construction de grandes surfaces pour protéger le petit commerce. Cette loi existe toujours mais a peu à peu été vidée de sa substance.

Des citoyens l’ont visiblement compris. La sur-densité est un argument qui a été avancé par les pourfendeurs du projet Europa City (230 000 m2 de surface commerciale) qui devrait voir le jour à 1km d’O’Parinor (90 000 m2) et à 4km d’Aéroville (84 000 m2) alors que le second vient de s’agrandir pour résister à la concurrence du troisième, construit seulement en 2013. Une manifestation réunissant des centaines de personnes contre le projet avait encore lieu le 21 mai dernier. De même, une pétition d’opposition à la construction de l’Open Sky Valbonne-Spohia-Antipollis (60 000 m2 de surface commerciale), qui approche les 10 000 signatures, souligne la trop grande proximité avec Cap 3000 (65 000 m2), dont le doublement de la taille est en cours, ainsi qu’avec le Polygone Riviera (70 000 m2). Le propriétaire de Cap 3000 a d’ailleurs déposé un recours en justice contre la déclaration d’utilité publique rendant possible le projet Open Sky.

Que fait l’État ? La loi Royer de 1973 avait vocation à freiner la construction de grandes surfaces pour protéger le petit commerce. Cette loi existe toujours mais a peu à peu été vidée de sa substance. Depuis 1996 le certificat d’urbanisme (attestant que le projet respecte le plan local d’urbanisme) n’est plus nécessaire. En 2008, avec la loi de modernisation de l’économie, le critère de la densité a sauté. De plus, il n’est plus obligatoire de comparer le nombre d’emplois créés par rapport à ceux qui ont été détruits. Et s’il est toujours nécessaire d’obtenir l’aval de la commission départementale d’aménagement commercial (organe préfectoral) la représentation des commerçants dans ces commissions n’est plus assurée. De plus, depuis 2014, les associations environnementales ne sont plus autorisées à lancer des procédures de recours.

En janvier dernier, le député Julien Aubert interrogeait Martine Pinville, secrétaire d’État notamment en charge du commerce, sur le problème des exploitations illicites par les enseignes de la grande distribution. Il pointait l’absence de sanctions prévues dans ces cas-ci, soulignant que le décret d’application de la loi Pinel « ne traite pas des sanctions, privant toujours celles-ci de tout cadre, donc d’existence ». De plus, dans le même temps, les dispositions d’une loi datant de 1989 qui fondaient l’habilitation des agents de l’État à constater les infractions et les transmettre au préfet, ont été abrogées par ordonnance. La secrétaire d’État répondit alors, dans un modèle d’enfumage, qu’elle ne disposait pas de statistiques sur la répression de ces violations – rien ne l’empêchait pourtant d’en faire la demande – et affirmait que le risque pour ces grandes enseignes, de voir leurs violations découvertes lorsqu’elles demandent l’autorisation d’étendre leur surface commerciale, est suffisamment dissuasif. Autrement dit : les constructeurs seraient poussés à la vertu par peur d’être pincés s’ils font un jour une demande d’extension. Mais en attendant qu’ils en fassent la demande, libre à eux d’agir en toute impunité.

L’association En toute franchise dit avoir recensé des milliers de m2 de surfaces illicites constituant des infractions continues. Le 25 mai dernier, Envoyé Spécial (France2) consacrait d’ailleurs un sujet sur Martine Donette et son association qui estiment que les centres commerciaux doivent à ce titre 418 milliards d’euros à l’État, rien que pour la région PACA. Le reportage se termine toutefois sur une note d’espoir : Martine se voit informer que le tribunal administratif a « enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de faire dresser le constat d’infraction » pour le Carrefour de Châteauneuf-les-Martigues. Signe que tout n’est pas perdu.

Que font les élus ? Par peur de voir la consommation se concentrer dans la commune voisine, ils se montrent très enthousiastes devant la possibilité d’une installation sur leurs terres. De plus, la construction d’un centre commercial est toujours présentée comme créatrice d’emplois. S’y ajoute la perspective d’importantes recettes fiscales pour l’agglomération. Celles de l’Ametzondo Shopping sont par exemple estimées à plus de deux millions d’euros. Dans ces conditions, il ne faut pas s’attendre à ce que l’opposition vienne des maires. Surtout dans une période de chômage massif et de baisse des dotations.

On peut certes se réjouir à l’idée que ce sont de grandes enseignes et de riches investisseurs qui paieront les pots cassés. Mais dans un centre commercial, il n’y a pas que des grandes chaînes de magasins. Ces dernières sont justement là pour inspirer confiance aux petits commerçants. Si le centre commercial ne reçoit pas le flux de visiteurs espéré, les grandes enseignes ont l’avantage de compenser par leurs boutiques présentes dans d’autres lieux. Et si la crise s’avère durable, elles sont les premières à fermer car elles peuvent écouler leur stock ailleurs. Les petits commerçants, eux, ne disposent d’aucun de ces avantages. Ils restent plus longtemps, espérant que la situation évolue, s’endettant jour après jour. Ils ne pourront pas se relever d’une telle crise.

Un non-lieu pour ces non-lieux

Une des raisons conduisant des personnes à s’opposer est aussi une de celles permettant d’expliquer la baisse de la fréquentation des centres commerciaux : la consommation de masse est dépréciée. Les investisseurs en sont d’ailleurs conscients : ils ont anticipé la baisse du nombre de visites et cherchent à adapter les centres commerciaux aux évolutions des pratiques des consommateurs.

Une plus grande mixité des fonctions et opportunités est donc envisagée. La tendance la plus vieille est probablement celle d’inclure des lieux de restauration. Cushman & Wakefield nous apprend qu’au sein de cette tendance, l’offre évolue en suivant la mode des consommateurs : on se tourne peu à peu vers une gastronomie de plus grande qualité, avec des produits frais et de saison, des spécialités culinaires… Autre direction prise par les investisseurs : miser sur le divertissement. De plus en plus de centres commerciaux ont en leur sein un cinéma. Le centre commercial Alisios aux Canaries envisage même un cinéma spécialement pour les enfants. Mieux encore, le centre commercial Iso Kristiina (Lappeenrenta, Finlande) contient par exemple un théâtre. La possibilité, un temps envisagée, d’inclure une piste de ski intérieure dans le futur Europa City en est le paroxysme. Mais ce n’est pas pour autant une exception puisque le Shopping City Timisoara en Roumanie en contiendra bien une. Preuve que cette évolution est profonde, on parle désormais de shopping resort : on y fait à la fois des achats et du tourisme.

Conso, boulot, dodo, rien ne manque, pas même le métro puisque tout est prévu pour qu’on puisse s’y rende aisément en voiture.

L’élargissement ne se limite pas aux secteurs de la consommation. Les centres commerciaux accueillent désormais des services publics, des bureaux pour les entreprises ou les professions libérales et même des logements. Celui d’Espoo (Finlande), Iso Omena, présente par exemple une bibliothèque publique, des centres de soins et un centre d’assurance sociale. Newgate Centre (Newcastle-upon-Tyne), un centre commercial créé dans les années 1960 en reconstruction, contiendra des logements étudiants et un hôtel d’affaires. Cap 3000 (Nice) contient un laboratoire d’analyses médicales, des cabinets médicaux, une poste et une annexe de la mairie de Saint-Laurent-du-Var et de la caisse primaire d’assurance maladie. Le centre commercial Les 4B déjà cité, s’étant vidé alors qu’il se situe dans le centre de Calais, la mairie a bien été obligée de le racheter pour un euro symbolique. Rebaptisé Calais Cœur de vie, cet espace privé devenu un bien de la ville, devrait contenir désormais une crèche, une salle de fitness, un espace de coworking et la présence de professions libérales est envisagée. Quant au futur Central Parc Valvert (projet Phalsbourg, en Esonne), il devrait contenir une école. ville moderne

Conso, boulot, dodo, rien ne manque. Pas même le métro puisque tout est prévu pour qu’on puisse s’y rendre aisément en voiture. Parce qu’il faut bien comprendre que l’objectif n’est pas tant de recréer de la vie, que de créer du passage. Car ce qu’affectionne une économie fondée sur la consommation, c’est la mobilité. Toutes les évolutions actuelles n’ont que pour objet d’attirer de nouveau la clientèle. Le centre commercial n’est pas pensé pour remplacer la place du village. Comme l’explique Grégoire Deherr dans son éditorial, la mobilité, c’est la voiture, qui a réorganisé nos espaces. C’est pour cette raison que les centres commerciaux se trouvent bien souvent près d’une autoroute, si ce n’est au croisement de deux d’entre-elles. C’est le cas d’un projet à proximité de l’A43, autoroute menant aux Alpes, que la compagnie de Phalsbourg a eu l’outrecuidance de nommer The Village. Les autres projets de la compagnie sont d’ailleurs généralement dans le même cas. La proximité d’un aéroport est évidemment un plus (c’est le cas de l’Open Sky Torrejon avec l’aéroport Madrid-Bajaras, quant à l’Aéroville, elle jouxte carrément l’aéroport). A défaut de l’un ou de l’autre, on se satisfera d’une gare. L’Occitanie Tower (compagnie de Phalsbourg) qui sera construite près de la gare de Matabiau à Toulouse, contiendra certes 11 000 m2 de bureaux, un hôtel quatre étoiles, des logements hauts de gamme et des locaux SNCF, mais disposera aussi de 2 000 m2 de commerces. Quant à la gare Thiers (toujours société Phalsbourg), sur ses 18 300 m2 elle contiendra un hôtel Hilton, une salle de spectacle de 600 places et bien sûr 6 000 m2 de commerces. La palme revient tout de même à Europa City qui longera l’autoroute A1, se situera à proximité de l’aéroport de Roissy et de celui du Bourget et disposera d’une gare avec le développement du Grand Paris Express.

Qui sait si demain – si ce n’est déjà fait – on ne trouvera pas aussi des maisons de retraite dans les centres commerciaux ? Quant à la présence de lieux de culte, elle semble plus improbable. Mais si autrefois le PMU en face de l’Église était réputé pour accueillir monsieur pendant que madame assistait à l’office religieux, on peut tout à fait imaginer que les promoteurs proposeront aux communautés religieuses en manque de salles de prière de s’installer au sein d’un temple de la consommation, bien évidemment toujours dans le but de s’assurer du passage.

Car on aura beau diversifier les activités proposées dans les centres commerciaux, tant que l’objectif sera de faire consommer, ces endroits resteront des non-lieux.

On pourra toujours présenter Waves Actisud et ses cinq millions de visiteurs par an comme un « véritable lieu de vie qui va au-delà du shopping » et venter la « structure à taille humaine » de Ma petite Madeleine en affirmant que ce « lieu est perçu comme une source de bien-être pour chacun » et dire de son ‘Jardin  des Amoureux’ que « ce cadre très romantique se définit comme un havre de paix pour nos visiteurs », on ne s’y trompera pas. Tout cela est artificiel, à l’image des vidéos promouvant les différents projets. Ce dont les gens ont besoin, ce n’est pas d’un centre commercial prenant l’apparence d’un centre-ville, mais bien que les centres-villes retrouvent leurs commerces, leurs restaurants et leur service publique. Des commerces qui ne soient pas des enseignes, une boulangerie qui ne soit pas une franchise, des restaurants où l’on se restaure qui ne soient pas des fast-food où l’on fait « une pause gourmande », des primeurs et des superettes ou un vrai marché où l’on se rencontre plutôt qu’un supermarché où l’on marche au pas de course…

Car on aura beau diversifier les activités proposées dans les centres commerciaux, tant que l’objectif sera de faire consommer, ces endroits resteront des non-lieux. L’éminent ethnologue et anthropologue français, Marc Augé, auteur de ce concept, le définit ainsi dans l’interview accordée à Limite : « Un espace qui n’est pas identitaire, relationnel ou historique est donc un non-lieu ». Il ne dit rien de nous, ni de ce qui précède et on y connaît personne. L’ancien directeur et président de l’EHESS y évoque aussi la surmodernité, « qui porte en elle l’idée de démesure, procède d’une accélération des facteurs constitutifs de la modernité : encore plus d’individualité, une accélération de l’histoire et surabondance spatiale » et ajoute : « Cette triple démesure, et l’idéal d’ubiquité et d’instantanéité à laquelle elle est intrinsèquement liée, produit une multiplication des non-lieux. » Pourquoi insister là-dessus ? Parce qu’il ne faut pas s’attaquer seulement à la taille excessive des centres commerciaux. Si l’on ne fait qu’interdire les projets de grande dimension ou même que l’on envisage l’éclatement des centres actuels, on aura rien résolu. On obtiendra seulement des espaces plus petits où l’on ne fait que passer et où l’on ne se connaît pas. Cessons cette fuite en avant du réel, déposons un non-lieu aux non-lieux.

La problématique écologique

Dans une époque où l’on se déplace plus pour consommer que pour travailler, l’aspiration n’est pas à toujours plus de mobilité, à polluer d’avantage, mais bien à s’enraciner ; et ce, à l’opposé de l’idéologie du bougisme (1), à savoir la mobilité vue comme un progrès. C’est d’une certaine manière ce qu’exprimaient récemment les manifestants contre le projet d’ Europa City, en scandant « des radis, pas des caddies ». Le ré-enracinement nécessite un retour à la terre. Cela ne veut pas dire que nous devons tous devenir paysans, mais qu’il est bon de savoir ce que l’on mange et de retrouver la nature, pour retrouver sa place originelle dans la création.
Centre commercialIl ne serait pas honnête de terminer cet article sans évoquer une autre tendance manifeste des centres commerciaux : ils se verdissent. Waves Actisud contient par exemple 19 000 m2 d’espaces verts et un « lac autour duquel se déploient les restaurants ». Le futur Central Parc Valvert (projet Phalsbourg) disposera de 4,7 hectares avec un lac et deux bois. L’Occitanie Tower bénéficiera d’une forte présence végétale disposée en spirale. Le projet B’EST contiendra 18 hectares d’espaces verts. Et à Ma petite Madeleine, « les espaces paysagers représentent près de 75% de la surface totale du terrain. » Mais c’est oublier que ces projets s’installent bien souvent sur des espaces qui étaient déjà des espaces verts dans leur totalité. Il est donc faux de dire que l’on en crée. On les réduit et on les aménage. Europa City, qui met en avant ses 10 hectares de parc urbain et ses 7 hectares de ferme urbaine, remplace en fait 80 hectares de terres très fertiles, qui fournissaient 10% de la consommation de blé de l’Ile-de-France. Et malheureusement, une surface agricole bétonnée est très peu réversible. Très inquiétant quand on sait qu’un département disparaît tous les sept ans sous le béton alors qu’il nous faudra davantage de terres arables dans un avenir proche.

Bien sûr que l’on se réjouit des efforts fournis pour polluer moins. Quand la compagnie Phalsbourg écrit que le « Central Parc Valvert sera un centre commercial exemplaire en matière de développement durable » et que la nature est désignée comme « partenaire du développement urbain », on ne peut qu’en être heureux. De même quand on apprend qu’avec l’Ametzondo Shopping, IKEA Centres a œuvré à limiter l’empreinte énergétique de l’ensemble de la construction, avec en ligne de mire la catégorie « very good » de la norme internationale BREEAM.

De même, on s’ésbaudit à constater que la compagnie de Phalsbourg partage les critiques récurrentes sur l’enlaidissement des entrées des communes avec le développement des zones commerciales. Sur son site, dans sa présentation, la compagnie de Phalsbourg précise : « Nous avions pour vision de changer les entrées de ville et bâtir écologique ». Et parmi ses slogans, ont été adoptés : « Pour changer les entrées de villes » et « Quand c’est vert c’est mieux ». S’ils ne sont pas poétiques, on pourra toujours se réjouir d’avoir évité un « Green is better ». L’intention mérite d’être saluée, tout comme le choix de faire désormais des centres commerciaux à ciel ouvert. Mais cela ne nous sauvera pas. On pourrait considérer que le secteur fait sa part. Mais ce n’est pas parce qu’il fait de légers efforts qu’il doit être adoubé. D’autant que cette tendance écologique est aussi une stratégie commerciale. Le capitalisme vert reste un capitalisme.

Je ne serais pas tout à fait sincère si je n’admettais pas que tous ces projets ont quelque chose de grandiose, qu’ils sont de plus en plus beaux et parfois plus humains. De fait, peut-être que c’est ainsi que va se « construire la France de demain » (autre slogan de la compagnie Phalsbourg), mais ce n’est certainement pas de cette manière que l’on créera du lien social et que l’on s’assurera un avenir durable. Il ne s’agit pas de concilier le marché de la grande consommation aux exigences des consommateurs, il faut changer de paradigme pour que prime la viabilité de la vie en général et de la vie en société en particulier.

(1)   TAGUIEFF, Pierre-André, Le sens du progrès, Champs-Flammarion, 2006.

 

Alfred Rabany

Etudiant en relations internationales

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