« Pas de replâtrage. La structure est pourrie », lisait-on en mai 68 sur les murs de nos villes. Difficile, cinquante ans après, de ne pas faire le même constat. De la chute de la biodiversité au déclassement des classes moyennes, l’« effondrement » est partout. Cet été, quand la rédaction commençait à concevoir le numéro que vous tenez entre les mains, nous étions loin d’imaginer à quel point l’actualité allait y faire écho.

Le problème du mal-logement, d’abord, qu’explorent nos pages sociales. Quatre millions de Français sont concernés. Alors que l’écroulement de deux immeubles dans un quartier populaire de Marseille début novembre a entraîné la mort de huit personnes, comment lutter contre ce fléau ?

Le défi démocratique, ensuite, qu’a soulevé avec fracas la crise des « gilets jaunes ». Né d’une fiscalité écologique perçue comme injuste par nombre de nos concitoyens, ce soulèvement populaire a révélé l’urgence d’un renouveau démocratique. Nos pages politiques s’intéressent justement à la manière dont l’écologie intégrale peut émerger dans le débat public et politique. Si la conversion écologique, dans toutes ses dimensions, est bien l’enjeu du siècle, alors il faut activer tous les leviers disponibles pour accélérer la prise de conscience globale. Car des changements individuels ne suffiront pas : notre action en faveur d’un système économique et politique plus respectueux de la nature doit être collective. Nul ne peut plus imposer d’en haut des mesures qui nous impactent tous. La transition sera démocratique ou ne sera pas.

Notre dossier central dresse précisément un diagnostic de l’état de santé de nos écosystèmes, attaqués de toutes parts, au bord de l’épuisement. Mais aussi des moyens de remédier à ces ravages en cherchant la résilience, cette capacité à absorber les chocs pour trouver un nouvel équilibre. Si nous comprenons à temps que notre civilisation dépend de la biosphère, que l’entraide prime sur la concurrence, bref que tout est lié, alors, non, tout n’est pas plié !

Notre modèle industriel est insoutenable, nous ne le pleurerons pas. Mais nous ne pouvons rester les bras ballants quand notre maison brûle. Des Marches pour le climat à Extinction Rebellion, mouvement international de désobéissance civile, de plus en plus de « gilets verts » se mobilisent, avec cette conviction : pas de transition écologique sans justice sociale. Le pire n’est jamais sûr, mais le statu quo est impossible.

Mais sauver le monde, ça donne soif et il faut bien manger ! Entre nature et culture, notre numéro s’achève justement par un hommage à la bonne bouffe et aux bons vins. Ça tombe bien ! Les Amis de Limite s’organisent (merci Nans !) en France, mais aussi en Suisse, en Belgique, au Québec… Pour savoir ce qui se passe par chez vous, rendez-vous en page 13 et faites comme Noé : mangez bio et buvez du bon vin (cf. Genèse 9, 20) !

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