Marie-Charlotte Fauduet, jeune cadre dans l’immobilier et bénévole aux Semaines sociales de France, est venue dans les locaux de la Revue Limite présenter le projet de l’association et son action au sein du mouvement.

« Je pourrais avoir un poste plus élevé, partir en vacances plus loin, mais tout ça me paraît vide de sens », confie Marie-Charlotte Fauduet, lorsqu’on la questionne sur son engagement pour les Semaines sociales de France. La jeune femme de 35 ans arrive en courant du travail. Il est 20 heures quand elle rejoint les locaux de La Revue Limite. Elle dépose son manteau jaune flashy et tout en vigueur se présente à l’assemblée, venue découvrir le projet de l’association. Engagée depuis trois ans, elle est venue parler de son parcours dans le milieu associatif, aux côtés de la directrice des Semaines sociales, Dominique Quinio.

Marie-Charlotte ne compte pas ses heures, ni ses engagements. « Donner du sens, ça a été aller vers autrui », raconte-t-elle. Cette jeune cadre dans l’immobilier donne déjà de son temps à La cravate solidaire et à Caritas habitat, quand elle découvre les Semaines sociales. Cette vieille dame, âgée de plus de 100 ans, se présente à elle comme un espace de réflexion intellectuelle sur les grands problèmes de notre temps. « C’est un lieu où on essaie de penser pour aider les gens qui souhaitent agir », explique Dominique Quino. Ce « lieu de réflexion en lien avec l’Eglise » cherche à mieux appréhender « les problèmes auxquels se retrouvent confrontées les personnes dans le besoin », souligne Marie-Charlotte.

Les Semaines sociales ont influencé jusqu’à la vie politique française ; elles sont à l’origine du complément familial, du revenu minimum garanti, du compte personnel d’activité…

Leur inspiration est aussi européenne. L’Europe !  C’est un sujet qui parle à Marie-Charlotte ; pendant ses études à l’IEP de Rennes, elle vit un an en Suède, dans le cadre d’un échange Erasmus. Lorsqu’elle revient, elle crée une association qui met en lien des familles d’accueil et des étudiants venus de toute l’Europe, pour leur faire découvrir en profondeur la culture française. Quinze ans plus tard, la jeune femme poursuit cet engagement européen. Pour préparer la session annuelle des Semaines sociales, la jeune femme a organisé une table ronde pour « recueillir la parole des jeunes sur l’Europe ». Autour de la table étaient présents les apprentis d’Auteuil, les bénévoles du Festival pour la Paix, ou encore les Scouts de France. Le but : faire dialoguer dans une ambiance conviviale des jeunes de 17 à 30 ans, pour être des artisans de l’Europe. La bénévole et plus jeune membre du conseil d’administration des Semaines sociales en profite pour inviter les jeunes présents à s’engager : « Nous cherchons plus de mixité. Plus de jeunes, mais aussi des gens du privé. Car nous avons beaucoup de profils universitaires. »

Ces échanges ont pour but d’éclairer et de nourrir la rencontre annuelle des Semaines sociales. Le thème de la session 2019 : « Refaire société : comment inventer des liens dans une France fracturée ? » Un an après les premières manifestations des « Gilets jaunes », les tables rondes traiteront des inégalités, du repli identitaire, de la mutation des rapports sociaux et de la famille. Les 15, 16 et 17 novembre, il s’agira pour les différents acteurs de dresser un diagnostic des fractures qui divisent la société française, pour y apporter des solutions, à la lumière de la pensée sociale de l’Eglise.

Aziliz Le Corre

Journaliste
Membre de la Revue Limite

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