Romancière, essayiste, réalisatrice et scénariste française, Éliette Abécassis ne se contente pas de décrire les femmes sous toutes leurs coutures; engagées dans la défense de leurs droits, elle milite auprès de l’association SOS les Mamans pour les protéger au quotidien. Aujourd’hui, elle cosigne une tribune contre la GPA dans Le Monde.

Vous décrivez dans vos romans les multiples visages de la femme contemporaine : faut-il avoir peur du mot « fémi­nité » ?

Je crois qu’il faut retrouver le sens de ce mot, l’exalter et le célébrer, après la révolution féministe qui a dû le mettre entre parenthèse pour tracer sa juste voie. L’assumer pleinement, au moment où il est menacé, par le retour du masculinisme qui enlève aux femmes le droit d’être mères, l’idéologie du genre qui menace la féminité même, ou encore les standards de beauté qui voient dans la femme une jeune fille maigre qui ressemble à un adolescent. Il s’agit de aujourd’hui lutter pour l’affirmation et l’éclat de la féminité.

Êtes-vous « féministe » ?

Oui, hélas, chaque époque invente de nouvelles façons d’as­servir la femme, et aujourd’hui plus que jamais, où elles sont les premières victimes du marché, où elles sont toujours, avec les enfants, les victimes des violences conjugales, et qu’on les exploite à travers la prostitution et la GPA (Grossesse pour argent). De plus on continue de les mutiler sauvagement avec l’excision, et de les asservir de façon atroce à travers le fanatisme et la religion. Comment dans ce contexte, ne pas être féministe?

Quelles sont les nouvelles aliénations que subissent les femmes ?

La pression sur l’image, l’interdiction de grossir ou de vieillir. Et, à travers la GPA, la marchandisa­tion du corps de la femme, sous la forme d’un nouvel esclavage, où les femmes de couleur portent les bébés blancs, qu’on leur arrache du sein pour une somme modique, qu’elles reversent souvent à leur mari ou père, ou qui servent à élever leurs autres enfants. Elles sont ensuite effa­cées en tant que mères, et donc niées en tant qu’êtres humains. […)

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