Déambulation malouine au départ de la Route du Rhum en novembre dernier. Le poète limitophile ne se satisfera guère de la débauche technologique mais trouvera un supplément d’âme dans la ferveur populaire et la rencontre avec un épicier d’antan.

Saint-Malo, premiers jours du mois de novembre. Plus que quelques heures nous séparent du grand départ de la Route du Rhum, cru 2018. L’une des courses en solitaire les plus célèbres du globe a rameuté le Landernau de la voile, et le tout Paris aussi. Dans L’Équipe, on évoque le chiffre d’un million de visiteurs. Le petit et le grand monde, après avoir garé leurs voitures dans un énorme champ de courses transformé en parking, se retrouvent autour des bassins ensoleillés de la cité malouine ; ou plutôt s’entassent, au bruit lancinant des commentaires des journalistes de la télévision nationale. Le quai des classes IMOCA, les célèbres 18,25 m du Vendée Globe, est plein à craquer. On rêvait d’assister à la veillée d’armes des Surcouf et Cartier du XXIe siècle, mais nous voilà débarqués à Villepinte-sur-Mer. C’est à peine si, en une demi-heure, nous arrivons à observer le premier des 21 rafiots engagés.

Le spectacle ne comble au fond que les connaisseurs et les experts.

Un navire de course moderne est un marasme de technologies: matériaux hyper-résistants, innovations sophistiquées et invisibles pour le profane et bien entendu des « foils », ces petites ailettes placées sur les flancs des coques qui sont sur toutes les lèvres, et désormais sur tous les navires. C’est la mode. Les bateaux ne se contentent plus de bourlinguer, ballottés par la houle : ils doivent voler. Bref, voici un bijou pour ingénieur, floqué aux couleurs d’une marque bifteck. Le poète repassera.

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Quelque chose de l’âme de la course subsiste encore. Malgré les artifices criards du marketing, et les faux airs de hall des expositions, nous avons d’ailleurs ressenti la belle tension qui animait cette foule d’amateurs et de curieux venus approcher et toucher les héros de la mer.

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Mais en fuyant la foule dans les ruelles plus calmes de la vieille ville fortifiée, nous avons trouvé une nouvelle carte au trésor. En flânant, nous sommes entrés une petite boutique bien agencée qui vendait des épices du monde entier.

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Camille Dalmas

Chef de rédaction Culture et Web de la revue Limite.

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