En 18 mois d’existence, je n’ai pas déboursé un seul centime pour habiller mon fils, qui fait fureur à la crèche dans ses salopettes eighties. Par nécessité, nos ancêtres ne jetaient presque rien et donc produisaient peu. Et si on s’y remettait ?

Extrait de la Chronique « Pas con l’ancien », à retrouver dans le numéro 5 de Limite.

On produit plus de 8000 kg de poly­ester par seconde dans le monde, soit 42 millions de tonnes par an. Il faut bien ça pour suivre la mode. Un Fran­çais moyen dépense 616 euros par an pour ses vêtements : 700 000 tonnes de fringues consommées annuellement, dont 85 % finiront à la poubelle. Chaque personne jette ainsi en moyenne 12 kg de linge par an ; 70 % de notre garde-robe n’est jamais portée. Pourtant, nous continuons à acheter environ 20 kg de vêtements neufs chaque année. Du délire quand on sait que chaque article contribue à hauteur de 20 fois son poids aux émissions de gaz à effet de serre !

10 % de la consommation mondiale de pesticides est engloutie dans la production de coton. Il ne faut pas moins de 10 000 litres d’eau pour en produire 1kg. Un chiffre vertigineux quand on sait qu’on en produit chaque année environ 27 millions de tonnes… En Chine, des fleuves et des lacs entiers ont disparu, 70 % des cours d’eau restants sont définitivement pollués par l’industrie textile. On y trouve entre autres des métaux lourds et des perturba­teurs endocriniens, extrêmement nocifs pour les écosystèmes et les 60 millions de personnes employées dans le secteur. Effets irréversibles sur le cerveau, les poumons, et le système reproductif : un comble quand on sait que 68 % des employés du textile sont de jeunes femmes peu qualifiées et… des enfants. Le tout pour 22 centimes de l’heure au Bangladesh, 33 au Cambodge, 55 en Chine ; dans des conditions de travail atroces que le lecteur tentera en vain de s’imaginer. Une fois produit, encore faut-il acheminer nos précieux débardeurs jusqu’en France, à grands coups de cargos géants dont chacun consomme autant que 50 millions de voitures. Tout ça pour payer très cher des vêtements moches qui vous sembleront périmés dans 6 mois.

[…]

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Marianne Durano

Agrégée de philosophie
Membre de la rédaction

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