Psychanalyste et médecin de formation, Fabienne Kraemer est passionnée par le couple. Elle a publié plusieurs livres sur cette thématique. Lucide sur les difficultés de l’engagement amoureux de nos jours, elle mêle à cette vision une sensibilité fortement écologiste allant même jusqu’à comparer l’état de l’amour dans notre société occidentale à celui de la Terre. Pure parisienne, elle a tout plaqué il y a huit ans pour s’installer dans le sud de la France, dans un village authentique près d’Arles. Nous sommes allés à sa rencontre, le temps d’un déjeuner et d’une balade ensoleillée dans les Alpilles.

– Vous mettez en évidence un parallèle prenant entre la crise amoureuse et la crise écologique. Pouvez-vous nous en dire plus?

L’amour est une course parallèle à l’écologie. Les relations affectives souffrent exactement des mêmes maux que l’environnement, c’est-à-dire de la consommation excessive et de l’accélération. Trop de consommation, trop de rapidité épuise le terreau affectif. Je pense que l’amour doit sauver la planète, c’est l’idée que je défends. Je dis toujours que j’œuvre pour le développement durable de l’amour et contre l’obsolescence programmée des couples. Les gens vivent dans un monde de plus en plus virtuel et échappent à la réalité, à la réalité des moments simples: avoir du soleil sur la peau, être ébloui, sentir les choses. sauver la planète, ça passera par un retour à l’ancrage, par mettre les mains dans la terre. De même pour le couple, il faut retrouver de l’ancrage dans sa rela- tion, se coller à l’autre, respirer son odeur, savoir ce que c’est qu’un corps. Dans une société aussi individualiste que la nôtre, il est grand temps de se dire que nous devons sauver notre couple. Au même titre que nous devons sauver notre Terre.

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