Les États généraux de la bioéthique se sont achevés en juin avec la publication d’un rapport, plutôt équilibré, faisant état d’un large dissensus sur les questions les plus sensibles (procréation artificielle et fin de vie). Alors que les parlementaires vont reprendre le débat à l’automne, nous avons demandé à deux personnalités engagées de nous livrer leur analyse. 

Marie David est polytechnicienne. Elle a cofondé l’« Association française de lutte contre l’Intelligence Artificielle ». 

Raphaël Nogier est médecin et président de l’association lyonnaise Cosette & Gavroche. Il est à l’initiative d’un Appel signé par 1700 médecins : « Nous voulons rappeler le rôle de la médecine ». 

Quel regard portez-vous sur le déroulement global de ces États généraux de la bioéthique ? 

MD : J’ai consulté le document synthétisant les réponses à la consultation publique. La première chose à m’avoir frappée est la scission qui me paraît désormais inexorable entre des sensibilités très différentes. Cela fait apparaître des lignes de fractures qui me paraissent assez graves au sein de la société française (si tant est que l’on puisse tenir les réponses à la consultation publique comme représentatives). Cette scission me paraît suffisamment profonde pour que je doute au fond de moi que la loi puisse permettre de tracer une ligne, dans la mesure où s’opposent des conceptions quasiment anthropologiques de ce que peut être le droit ou plutôt les droits. 

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Gaultier Bès

Directeur-adjoint de la revue Limite
Agregé de Lettres et professeur de Français à Dreux