Quelques semaines après le deuxième grand colloque annuel de l’Académie pour une écologie intégrale, basée à Notre-Dame du Chêne, près de Sablé-sur-Sarthe, son coordinateur général, le frère Marie-Benoît, nous en donne les dernières nouvelles.

– Pourriez-vous d’abord nous présenter la vocation de votre Académie ?

Dans l’immense chantier de la transition écologique, l’Académie pour une Écologie Intégrale veut encourager et aider à discerner les axes d’une écologie au service du développement humain intégral.

Nouveauté ce printemps : grâce au jardin cultivé en permaculture et à la serre récemment installée, nous proposons à la vente sur place nos premiers paniers hebdomadaires.

Nous organisons aussi de nombreux stages pratiques.

  •  Les 15 et 16 juin, nous proposons une formation au « potager sur sol vivant » avec le permaculteur Jérémie Ancelet, diplômé en biologie des organismes et des populations (animales et végétales) et en Gestion Sociale de l’Environnement et Valorisation des Ressources Territoriales.
  •  Et du 19 au 23 août, notre deuxième session familiale permettra aux parents et à leurs enfants d’approfondir le sens de l’écologie intégrale, avec des temps de prière et de catéchèse, une initiation à la permaculture et au jardinage, une découverte de l’alimentation vivante (école d’Irène Grosjean), et un apprentissage de la réduction des déchets et compostage,

– Quel était l’axe principal de ce colloque ?

Le thème en était : Effondrement écologique ? Intelligence et sobriété pour une terre partagée. L’idée était d’apprendre à « se réconcilier avec la terre », de partager les initiatives, de s’encourager dans la sobriété ! Prendre conscience et se préparer aux effondrements à venir ou déjà là !

Nous avons eu la joie d’accueillir de nombreux intervenants de grande qualité, écologues, économistes, philosophes, élus, etc. : Florence Denier-Pasquier, Fabien Revol, Dominique Lang, Hervé Covès, Thibaud Collin, Tebaldo Vinciguerra, Emmanuel Hussenet…

Il y a eu aussi de nombreux ateliers très appréciés : écoute des chants d’oiseaux avec votre contributeur Johanness Herrmann, le génie écologique avec Patrick Valantin, l’écologie du corps avec votre contributrice Marianne Durano, mais aussi le naturaliste Arnaud de La Monneraye, etc.

Certaines des interventions peuvent être écoutées ici

– Quel bilan en tirez-vous ?

Une conviction : pas de sauvetage écologique sans conversion personnelle et donc spirituelle ! La plupart des participants, même s’ils ne sont pas prêts à abandonner leur voiture…, étaient des personnes de différents milieux déjà engagées sur le chemin de la transition et cherchant à s’entraider. C’est l’aspect personnel du colibri – selon la métaphore de Pierre Rabhi – mais a été posée aussi la question de la place du politique. Est-ce que des nouvelles lois, des droits donnés à la nature pour mieux la sauvegarder, pourraient freiner la fuite en avant (et quel avant ?) que nous connaissons ?

L’engagement concret de chacun dans une conversion écologique – qui n’est pas optionnelle ! – sera source d’initiatives inattendues et salutaires. Ce sont là les germes d’une espérance qui n’est pas utopie.

– Quelles sont les prochaines étapes de l’Académie ?

Dans l’optique d’une conversion globale, nous proposons des stages et des formations sur la croissance personnelle. Il s’agit, conformément au thème de cette année, de « se réconcilier avec soi-même ». Comment s’enraciner, accueillir le présent, se relier au milieux naturel et communautaire, pour mieux travailler à la sauvegarde de la maison commune ?

La transmission aux jeunes générations est un appel auquel nous répondons avec les sessions écologie intégrale et permaculture pour les familles. Et nous aurons la joie de participer à la première université d’été de l’écologie intégrale (avec, entre autres associations, la revue Limite ! ).

Enfin, l’Académie pour une Écologie Intégrale doit se structurer physiquement et juridiquement (chantier jardins et de réinsertion), et fait appel à de nouvelles compétences pour étoffer son Conseil scientifique.

– Pour conclure, quatre ans après la publication de Laudato Si, comment percevez-vous la conversion écologique des chrétiens et, plus généralement, de la société ?

La prise de conscience grandit partout. Mais la conversion écologique reste difficile ! Nous sommes nés consuméristes ! La sobriété aura sa place dans nos modes de vie que si nous sommes plus attentifs et respectueux des « autres » : les êtres naturels, nos frères et sœurs, et le tout Autre.

Gaultier Bès

Directeur-adjoint de la rédaction de Limite
Agrégé de lettres et professeur de français à Dreux