À quoi bon créer l’univers fantastique de Narnia si on n’est pas capable d’aimer notre petite ville et notre petite campagne ? C.S. Lewis nous propose un vigoureux retour au réel.

C.S. Lewis est l’homme de beaucoup de confusions, en France du moins. On en fait volontiers un petit frère de Tolkien, sympathique mais moins accompli, dans l’ombre du maître avec lequel il partagea une amitié longue et complexe. On réduit souvent l’auteur du Monde de Narnia à ses chroniques d’univers merveilleux, à cette fantasy que les Français perçoivent comme un genre mineur. On en fait donc d’autant plus un Anglais, sans doute pour le ranger dans la case confortable d’une excentricité impossible à qualifier. C’est oublier qu’il était nord-irlandais – la précision a son importance, car c’est largement à sa culture nord-irlandaise qu’il devait son goût des récits à la fois simples et denses, éclairés d’un système moral fort et toujours chargés de sens. Enfin, oubli plus dommageable, on omet souvent toute son œuvre d’apologétique chrétienne, qui partage avec celle de fiction une tonalité morale, mais qui est l’expression bien plus nette de deux choses : d’abord, de sa foi, trouvée à l’aube de la trentaine lors d’une conversion fracassante, et ensuite d’un sens unique du regard et de l’observation.

Un ouvrage symbolise les deux facettes de son œuvre : Tactique du Diable, qui est le récit des échanges épistolaires entre deux démons qui entreprennent de subvertir l’âme d’un chrétien. L’ouvrage est une fiction, par ailleurs très amusante, mais il partage avec ses essais un point commun simple et essentiel (…).

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