Plutôt que de jeter nos affaires, l’application Bon débarras nous propose de les donner à des particuliers. Rencontre avec Bastien Guers, concepteur de l’appli.

Encore une appli ! En quoi consiste votre projet ?

Bon Débarras est une application de don d’objets entre particuliers. Elle permet, d’un coté, de donner des objets facilement aux personnes autour de soi et, d’un autre coté, de récupérer gratuitement les objets que les gens veulent donner. L’objectif de l’application est de rendre l’action de donner aussi simple que l’action de jeter pour que ça devienne un réflexe. Par exemple, la publication d’un objet se fait en 15 secondes en moyenne, mais nous travaillons quotidiennement à rendre le don sur l’application le plus facile et fluide possible.

Quel genre d’objets peut-on donner ?

Vous pouvez donner tous types d’objets. Nous avons par exemple aujourd’hui beaucoup de livres, de DVD, de vêtements, de meubles, d’électroménager, de jouets, de la déco… Ce sont généralement des objets dont les gens ne se servent plus et qu’ils auraient normalement ou jetés ou rangés au fond d’un placard ou d’une cave. Dans les deux cas, c’est un objet qui n’aurait plus servi alors qu’il est parfaitement fonctionnel !

S’agit-il d’abord de donner, pour partager ce qu’on a en trop, ou de se débarrasser, pour désencombrer ses placards ?

Nous avons les deux cas de figure. Parfois, c’est compliqué de se débarrasser d’un objet encombrent comme un canapé par exemple, et là l’application va servir à s’en débarrasser puisque c’est généralement la personne qui fait l’acquisition qui s’occupe du transport. Par contre quand quelqu’un propose des graines de kéfir, ou le dernier livre qu’il vient de lire, c’est vraiment pour partager. Mais c’est souvent un mix des deux, c’est plus simple et moins frustrant de se débarrasser de ce qui encombre nos placards en sachant que ça va servir à quelqu’un d’autre plutôt qu’en les mettant à la poubelle. Certaines personnes vont garder des objets qu’ils n’utiliseront jamais, car ils trouvent ça dommage de les jeter. Mais c’est finalement aussi du gaspillage parce qu’ils ne servent pas.

N’est-ce pas dommage qu’on doive passer par internet pour pratiquer le don entre voisins ?

Non, je ne pense pas, ça élargit simplement les possibilités et ça multiplie les chances de donner. Aujourd’hui on ne connaît pas tous ces voisins et en ville notamment ça se limite souvent à l’immeuble, ou dans le meilleur des cas à la rue. Et c’est dommage de se limiter à ce périmètre. Peut être que quelqu’un est intéressé par ce que vous donnez trois ou quatre rues plus loin. C’est d’ailleurs comme ça que l’idée est née. J’avais des objets à donner, j’ai fais le tour des voisins de l’immeuble et de mes collègues, j’en ai donné une partie mais il me restait pas mal de chose. Et je me suis dis que c’était dommage de jeter alors qu’il y avait certainement quelqu’un dans le quartier qui aurai été intéressé.

De plus il faut que le don d’objets soit très simple, sinon les gens préfèrent jeter ou garder au fond d’un placard. Avec l’application, en quelques clics on touche toutes les personnes autour de nous. Et à l’inverse ça peut permettre de rencontrer les voisins qu’on ne connaissait pas encore.

Dans quel genre d’économie vous inscrivez-vous ?

Nous nous inscrivons dans  l’économie collaborative. L’application favorise le don et donc le partage de ressources. Et finalement nous ne sommes qu’une plateforme de mise en relation, ce sont les utilisateurs qui créaient le contenu (les objets à donner) et l’efficacité de l’application (le fait de récupérer les objets).