À Vion, au sud de la Sarthe, le sanctuaire de Notre-Dame-du-Chêne attire depuis le XVIe siècle de nombreux pèlerins. Les frères de Saint-Jean chargés du lieu viennent de lancer une « Académie pour une écologie intégrale » dont Limite est partenaire. De retour du colloque du lancement auquel il a participé avec Marianne Durano, Gaultier Bès a interrogé le frère Marie-Benoît sur cette nouvelle école écolo !

Comment est née l’idée d’un lieu de formation consacré à l’écologie intégrale ?

Le sanctuaire de Notre-Dame-du-Chêne était en attente d’un « nouveau souffle ». Une réflexion d’ensemble sur la mission du lieu a donc été initiée. Ce n’est qu’après beaucoup de réunions et d’échanges que l’idée d’un programme de formation « Laudato si' » est apparue !

Par quoi avez-vous commencé ?

Certains d’entre nous étaient déjà sensibles aux questions agro-écologiques, après deux visites à la ferme du Bec-Hellouin. La réflexion sur le jardin et l’ensemble des terrains et bâtiments a pu démarrer. C’était en juin 2017 avec un jeune permaculteur.

À qui s’adresse l’Académie pour une écologie intégrale ?

À tous ! Nous constatons que les plus sensibles à l’écologie environnementale sont les jeunes. Les professionnels sont interpelés par l’économie solidaire et sociale. Beaucoup, de tous âges, ont le souci de leur santé ; d’où l’intérêt pour sainte Hildegarde et les médecines alternatives. Notre souhait : donner à chacun une lecture juste et unifiée de la Création et de la responsabilité de la personne humaine. Notre signature est « de la terre à la personne ».

Le colloque de lancement a eu lieu mi-avril autour des « Nouvelles attentes écologiques », réunissant des intervenants très variés. Quel bilan en tirez-vous ?

On constate que les chrétiens ont le désir d’approfondir la question écologique. Peut-être pour exprimer le souhait de retrouver les fondements de la vie et de la foi ? Avec des sensibilités très différentes, beaucoup ont conscience de devoir discerner et de se positionner sur les sujets difficiles ou brûlants de l’écologie humaine (respect de la vie, bioéthique, rapport au monde animal, etc…).  On s’aperçoit que les jeunes ne sont pas satisfaits des conventions et des slogans de la société.
Pour aborder ces « nouvelles attentes écologiques », nous avons réuni des acteurs de terrain et des profils plus intellectuels : le philosophe Bertrand Vergely, Vincent Vignon, de l’Office du Génie Écologique, l’agronome Hervé Coves, Tugdual Derville, Tebaldo Vinciguerra, du Dicastère pour le service du développement humain intégral, Jérémie Ancelet, permaculteur, des membres de la revue Limite, etc…
Ce premier colloque a été riche de la diversité des intervenants et des participants dans un même préoccupation du bien commun. Nous nous sentons encouragés !

À l’issue de la messe célébrée par l’évêque du Mans, Mgr Le Saux, un nouvelle démarche a été instituée : le partage du pain béni. Pouvez-vous nous expliquer le sens de ce rite ?

L’Eucharistie construit la communion entre les chrétiens. Le rite du pain béni permet de rappeler que cette communion est ordonnée à la communion entre tous les humains, chrétiens ou non. Tous reçoivent la vie et la nourriture d’un même Créateur. L’Église est signe de l’unité du genre humain (Vat. II), le rite du pain béni le manifeste.

Quels sont les projets et perspectives de l’Académie ?

À partir de l’écologie du sol, concrètement l’aménagement permaculturel de l’espace du sanctuaire et les formations qui pourront se greffer autour, l’Académie veut être un lieu d’accueil et de réflexion pour favoriser et accélérer la conversion écologique ! À toutes les dimensions de l’écologie intégrale nous aimerions donner la possibilité et la liberté du dialogue et de la recherche.
Cette première année, nous proposons quatre sessions pour goûter la nature, bien vous nourrir, réfléchir ensemble et, si vous le désirez, prier !

Concrètement, comment peut-on vous aider ?

Question sympa ! Très simplement : faire connaître l’initiative et les prochaines sessions, via notre site internet et notre page Facebook. Pour ceux qui seraient géographiquement proches, on a besoin d’entraide autour des jardins !

Quels sont les prochains rendez-vous écolos à Notre-Dame-du-Chêne ?

Le thème de l’année 2018-2019 est celui de la réconciliation avec la terre. Les grandes lignes du calendrier : une session « nature et Création » en octobre ou novembre ; une session sur la connaissance du sol début février ; une autre sur la question de l’eau début mars, une retraite/diète avec sainte Hildegarde, et peut-être « nourrir l’humanité » avec toutes les questions de la transition agricole, comme thème d’un colloque début mai 2019.
En attendant : une journée par semaine aux jardins ! Une session en juin pour « s’exercer à une communication non violente ». Et une session « permaculture et familles » en août (contact auprès de Jocelyne Barreau : 02 43 45 50 39).

On y sera ! Merci, frère, et à bientôt !

Gaultier Bès

Directeur-adjoint de la revue Limite
Agregé de Lettres et professeur de Français à Dreux