Malthus l’a dit : pour vivre heureux, vivons peu nombreux. Hélas, les faits sont là : l’espérance de vie augmente, la santé s’améliore, les pauvres affluent, les Africains prolifèrent. Et, planning familial ou pas, ils veulent leur part du butin. Faut-il supprimer les pauvres pour sauver la planète ?

La planète des ploucs

La vérité cruelle est que nous voguons vers une planète peuplée, où les zones désertiques vont se raréfiant, au détriment des amoureux du trekking. Comme le dit sobrement Temps réel, émanation de L’Obs, « La croissance de la population mondiale est inéluctable : ni une réduction drastique de la natalité, ni une catastrophe mondiale avec une mortalité massive n’amèneraient assez de changements pour résoudre les problèmes de développement durable d’ici à la fin du siècle. » Inéluctable : le mot est lâché. Même une catastrophe ne permettra pas d’échapper à la catastrophe d’une planète remplie d’humains vivants. Vivants mais pauvres. Vivants mais pas transhumains. Vivants comme avant, équipés en smartphones mais pas en IRM, marchant en liberté et non pas monitorés à distance, agissant sans transfusion de big data. C’est bien simple, en 2100 on risque de mourir comme en 1900, sans le grand appareil des grandes funérailles technologiques ; comme des ploucs. Affamés, assoiffés, sous-équipés et condamnés à ne pas jouir paisiblement et individuellement – mais au contraire à vivre ensemble, les riches dans la douloureuse conscience des pauvres, douleur d’autant plus vive que nourrie de la légitime appréhension de leur incompréhension, voire de leur ressentiment, voire de leur revendication. Deux siècles d’eugénisme, socialiste ou libéral, deux siècles de rationalisation égoïste, deux siècles de justification égoïste de la suprématie du mode de vie occidental, même nappée de sauce altruiste (« il est plus humain de ne pas les laisser vivre, comment pourrions-nous permettre que de telles conditions de vie existent ? »), et on se retrouve confronté à l’horrible perspective du jouir moins : jouir moins car le monde ne peut supporter que tous jouissent infiniment, surtout quand la natalité des pays riches s’effondre (spermatogenèse en chute et fertilité en berne).

La suite est à retrouver dans Limite !

 

Richard de Sèze

Consultant en communication.
Membre de Jalons.

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